Je sais,vous me direz que c'est un comportement normal,que tout le monde fait ça.
Mais jusqu'à il n'y a pas longtemps,deux ou trois ans tout au plus,ce n'était pas une habitude chez moi de parler de telles choses.J'avais pour habitude d'écrire ce qui n'allait pas pour moi,ce qui m'attristait,ce qui me faisait pleurer le soir,seul dans ma chambre.
Pour la plupart de ces écrits,ce sont devenus des chansons,en anglais,comme un moyen de prendre du recul face à des réalités qui ne devenaient ainsi plus que des mots.
Pour vous donner un exemple,j'ai écrit un jour "I love you more than I know,'Hope you love me more than you show".Cela correspondait à l'humeur supliante et plaintive dans laquelle j'étais un temps.Et bien cette phrase,j'aime à me la rappeler,car je la trouve jolie au son et au sens,cela correspond à la vision romantique que j'ai de l'amour,vision faite d'inconscient,de preuves (non matérielles) et d'espoir dans l'autre.
Mais je ne pense jamais aux circonstances qui m'ont fait écrire cela,je ne devais pas être beau à voir et je préfère garder l'aspect positif d'un chose en mémoire en général,ou du moins j'essaie.
Ecrire est une chose que je trouvais constructive,qui me permettait de faire des choses dont j'étais assez fier par la suite,j'avais l'impression de me débarasser,de manière constructive de surcroit,de ces choses qui m'encombraient l'esprit et le coeur.
Je me trompais...
Toutes ces choses que j'écrivais et dont j'avais l'impression de me libérer n'étaient que de petites traces noires et insignifiantes sur du papier blanc et humide.Ce que je prenais pour un exutoire si efficace n'était en fait qu'un monologue stérile et égoïste.Car si je préférais m'exprimer sur papier plutôt que de vive voix,c'était peut-être qu'inconsciemment,je pensais que personne ne pourrait me comprendre,ou presque.
"Egoïste" n'est peut-être pas le bon mot alors,car il ne s'agit pas de partager ses problèmes gratuitement et à tout le monde,au contraire.J'ai en effet compris avec le temps que les problèmes sont des choses à exprimer avec parcimonie mais avec profondeur.
Le bon mot concernant mon comportement passé serait alors "égocentrique".Egocentrique,dans le sens où je considérais que les autres n'étaient pas aptes à me comprendre,à comprendre ce qui me passait par la tête ou par le coeur.
Peut-être aussi égocentrique dans le sens où je considérais comme "problèmes" des choses que d'autres n'auraient même pas considérées.
Mais ce dernier point est assez discutable,à vous d'en juger,ou de ne pas en juger après tout.Car tout ce qui est lié aux sentiments et aux émotions est tellement subjectif,tellement dépendant de ce que nous sommes,de la façon dont on vit les choses,de ce que l'on a vécu par le passé.Je suis très sensible,donc vous imaginez à quel point la mort d'une grand-mère,des ruptures à la pelle et des lacets défaits ont pu m'affecter...
En réalisant la vanité de mon comportement,je me suis rendu compte,par défaut au début,n'ayant plus de moyen d'exprimer mes mauvaises pensées,de l'opportunité que présentait le dialogue,dialogue avec quelqu'un de proche,quelqu'un qui ne partage peut-être pas les mêmes opinions ou visions des choses que moi,mais quelqu'un qui présente l'avantage d'avoir un avis extérieur et plus ou moins neutre.
C'est comme ça que je me suis dévoilé,alors que je ne faisais que feindre auparavant,présentant au monde extérieur l'image d'un clown que rien ne touche,alors que sous le maquillage,le clown pleurait et se demandait quand viendrait son tour de rire.
C'est comme cela que je me dévoile encore aujourd'hui,au jour le jour,à des personnes qui me voyaient deux jours auparavant plein de rires et de grimaces,leur prouvant ainsi l'ambivalence d'un visage et d'un rire,leur montrant ainsi qu'ils ont été victimes d'un spectacle son et lumières improvisé sur le tas et dans l'urgence,l'urgence étant de ne pas me dévoiler,de ne pas dévoiler mes failles.
Aujourd'hui je pense avoir dévoilé à mes proches une grande part de ma partie immergée et j'en suis content.Content de voir qu'ils m'acceptent autant,voire plus,en tant qu'Olivier qu'en clown pathétique,même si Olivier est parfois moins joyeux qu'auparavant l'était le clown,mais bon..."The show must go on".
Vous vous demanderez sûrement à la fin de cette lecture,ou même au début d'ailleurs,où je veux en venir avec ces grandes lettres,ces grands mots,ces grandes phrases,bref avec ce grand article que je viens d'improviser sous vos yeux ébahis.
Et bien tout cela pour dire à tous ceux que cela intéresse que la solution à toute chose chose est d'en parler.Ecrire est une bonne chose car cela permet parfois de mettre des mots sur ce que l'on ressent,mais on ne s'en libère qu'en parlant.Pour ce faire,les amis proches sont les plus appropriés,puisqu'ils nous connaissent et ont malgré cela un avis extérieur qui peut permettre de dédramatiser la chose qui nous préoccupe.
Et tout cela pour remercier tous ceux qui m'ont écouté des années durant,ceux qui ont toujours été à mon écoute,et qui le sont encore aujourd'hui en me lisant.
Merci,merci beaucoup.Peut-être certains ne se reconnaitront pas,ne réalisant pas l'impact qu'une discussion avec eux a pu avoir sur un des mes "problêmes".
Si vous lisez ce mot,et même si vous ne le lisez pas,que vous me connaissiez depuis longtemps ou même depuis peu,quelque soit la nature et la fréquence de nos relations,MERCI.Merci d'être là,merci d'être vous.Je vais bien mieux aujourd'hui en vous parlant,en relativisant avec votre aide.
Et "Le Parrain" comptant parmi mes films-phares,je me dois de le citer,car je le pense: "Je m'en souviendrais".À charge de revanche donc,je m'en souviendrais,et ce quand vous le voudrez,quand vous en aurez besoin.
